techafrika : actualité technologique africaine
actualité technologique africaine

Nigeria : Aliko Dangote ambitionne de produire 20.000 MW pour résoudre la crise énergétique du pays


Rédigé le Jeudi 14 Mai 2026 | 0 commentaire(s)



(c) Droits Réservés
(c) Droits Réservés
Après le ciment, les engrais et le raffinage pétrolier, Aliko Dangote s'attaque désormais à l'un des défis les plus structurels du Nigeria : la crise de l'électricité. Le milliardaire nigérian a dévoilé un projet colossal de production de 20.000 mégawatts, révélé lors d'un échange avec Makhtar Diop, directeur général de la Société Financière Internationale. Une ambition qui, si elle se concrétise, transformerait profondément le paysage énergétique du continent.

Un déficit énergétique chronique qui freine la croissance

Le Nigeria, pays le plus peuplé d'Afrique, souffre depuis des décennies d'une alimentation électrique insuffisante et instable. La production effective tourne souvent autour de 3.331 MW, loin des objectifs gouvernementaux. Selon des données relayées par la Banque mondiale, ce déficit coûterait à l'économie nigériane environ 29 milliards de dollars par an, forçant ménages et entreprises à recourir massivement aux générateurs à carburant, avec des répercussions directes sur les coûts de production et la compétitivité industrielle.

Une stratégie d'intégration verticale au cœur du projet

Le groupe Dangote entend s'appuyer sur ses propres actifs gaziers et énergétiques pour limiter les risques financiers inhérents au secteur. Cette logique d'intégration verticale — déjà à l'œuvre dans ses activités d'engrais, de ports et de gaz naturel liquéfié — constituerait le socle du projet électrique. La capacité de trésorerie renforcée par la raffinerie de 650.000 barils/jour viendrait soutenir cet investissement infrastructurel de grande envergure.

Des obstacles techniques et réglementaires considérables

Malgré l'ambition affichée, le projet se heurte à des contraintes majeures. Le réseau de transport d'électricité nigérian peine à absorber plus de 8.000 MW sans risque d'instabilité. Par ailleurs, les difficultés de recouvrement des distributeurs, les dettes en cascade et les pénuries de gaz fragilisent structurellement l'ensemble du secteur. La réussite de cette initiative dépendra en grande partie des réformes réglementaires que les autorités nigérianes seront en mesure d'engager.