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Sénégal : Saviu Ventures investit 1,36 million de dollars dans le reconditionneur d’imprimantes SORAM Afrique


Rédigé le Mercredi 7 Octobre 2026 | 0 commentaire(s)


Le fonds Saviu II réalise son premier investissement dans la climate tech avec SORAM Afrique, spécialiste dakarois du reconditionnement d’imprimantes professionnelles. Le tour de 1,36 million de dollars (1,2 million d’euros), auquel l’équipe dirigeante a participé, doit financer l’expansion régionale de la holding OLU 360, avec la Côte d’Ivoire en ligne de mire.


Un premier ticket climat pour Saviu II

B722N / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0
B722N / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0
Saviu Ventures, société d’investissement présente à Paris et à Nairobi, a investi dans l’entreprise industrielle sénégalaise SORAM Afrique dans le cadre d’un tour de table de 1,36 million de dollars, soit 1,2 million d’euros selon l’annonce de l’investisseur. L’équipe dirigeante de SORAM a également participé au tour. Le ticket provient de Saviu II, le deuxième fonds de la société, et constitue sa première opération dans la climate tech.

D’après le dirigeant de SORAM Afrique, Florian Baudoin, le fonds Saviu II est soutenu par la Banque africaine de développement (BAD), Proparco, Bpifrance, Triple Jump, le Dutch Good Growth Fund, AXIAN Group Investment et AND Capital.

Saviu présente l’opération comme un pari sur l’économie réelle. « La prochaine génération de leaders africains ne se construira pas uniquement dans le logiciel. Des entreprises locales solides, une expertise opérationnelle et des modèles industriels capables de passer à l’échelle peuvent aussi créer une valeur importante sur le continent », écrit le fonds dans son annonce.

Reconditionner plutôt que vendre du neuf

Fondée à Dakar et dirigée par Florian Baudoin, SORAM Afrique fournit depuis plus de dix ans des équipements d’impression aux PME, grandes entreprises, administrations et écoles au Sénégal et en Afrique de l’Ouest. Plutôt que de vendre des machines neuves, elle reconditionne des imprimantes professionnelles Konica Minolta, Kyocera et Canon avant de les remettre en service, ce qui évite leur mise au rebut et limite la consommation de fournitures, selon Tech In Africa.

« On rachète partout dans le monde des parcs de machines promis à la destruction, on les reconditionne dans notre atelier de Dakar, on les redéploie chez nos clients », résume Florian Baudoin sur LinkedIn. Son dirigeant fait état de 10 conteneurs et de 250 machines remises en service chaque année.

Les clients suivent un parcours en cinq étapes : audit, recommandation, installation, formation, puis optimisation continue. Selon Tech In Africa, SORAM Afrique a servi plus de 1 000 clients et placé environ 4 000 machines dans trois pays.

OLU 360, une holding de trois sociétés

SORAM Afrique est désormais regroupée avec IRIS Afrique et SIS (SORAM Impressions et Services) au sein de la holding OLU 360. Selon Florian Baudoin, IRIS Afrique assure la géolocalisation de 2 000 véhicules répartis dans 120 flottes et distribue les marques Mapon et Teltonika en Afrique de l’Ouest, tandis que SIS est spécialisée dans la production graphique et l’affichage grand format.

Le groupe emploie 60 personnes, réalise 1,3 milliard de FCFA de chiffre d’affaires (environ 2 millions d’euros) et gère plus de 2 000 machines. Il s’était jusqu’ici développé sans capital extérieur. L’opération s’accompagne du rachat de la participation de SORAM France, la PME française dont SORAM Afrique était à l’origine la filiale sénégalaise. Florian Baudoin est arrivé à Dakar il y a onze ans en contrat VIE pour ouvrir cette filiale.

Cap sur la Côte d’Ivoire

Les fonds doivent financer la prochaine phase de croissance d’OLU 360. Le groupe est déjà présent en Gambie et en Guinée, où il a livré ses premières machines hors du Sénégal en juillet, selon son dirigeant. La Côte d’Ivoire est le prochain marché visé.

Florian Baudoin avance deux raisons pour lever maintenant : prendre le contrôle de la société avec son équipe, « pour que les décisions se prennent là où sont les clients et les ateliers », et répondre à la saturation de l’atelier. « La croissance en autofinancement, à un moment, ça veut juste dire : croissance lente », écrit-il.