Un hub pour passer « de l’idée à l’échelle »
Selon l’Agence de presse sénégalaise (APS), le Sénégal et la Fondation Gates ont lancé jeudi 29 octobre à Dakar un partenariat stratégique destiné à accélérer le développement de l’intelligence artificielle et des infrastructures publiques numériques. Senego et Thieydakar nomment explicitement le dispositif Senegal AI Scaling Hub. Il s’inscrit dans le New Deal Technologique et le programme Sénégal Digital Factory.
Boubacar Roger Thiam, directeur de la Promotion de l’Économie numérique et du Partenariat, décrit un écosystème où chercheurs, start-up, entreprises et étudiants coordonnent savoirs, efforts et moyens. L’objectif affiché est de développer des solutions conçues localement, susceptibles d’être déployées à l’échelle africaine, plutôt que de se limiter à l’usage d’outils importés. Le ministre des Télécommunications et du Numérique, Samba Diouf, situe des applications pilotes dans l’agriculture, la santé et l’éducation, pour améliorer rendements, prévention sanitaire et accès à un enseignement de qualité.
Trois piliers, dont l’identité numérique, sans budget publié
Le partenariat repose sur trois composantes. Le premier pilier est le Senegal AI Scaling Hub. Le deuxième porte sur les infrastructures publiques numériques, avec un socle d’identité numérique destiné à un accès sécurisé, inclusif et interopérable aux services publics et privés. Le troisième prévoit une « Delivery Unit », unité chargée d’exécuter, suivre et mesurer l’impact des projets numériques prioritaires, en coordination avec les ministères concernés.
Gabi Adotevi, Senior Program Officer DPI à la Fondation Gates, a présenté l’identité numérique et les infrastructures publiques numériques parmi les axes de l’accord, aux côtés du hub IA. Il a indiqué que les effets de l’accompagnement devraient apparaître progressivement dans les prochaines années. Sur le montant des investissements, Thieydakar rapporte qu’il a précisé revenir ultérieurement avec des données chiffrées. Aucune enveloppe n’a donc été publiée pour le volet sénégalais.
Au Nigeria, jusqu’à 7,5 millions de dollars et cinq structures mises en avant
Le modèle a un précédent régional. Au Nigeria, la Fondation Gates s’est engagée jusqu’à 7,5 millions de dollars sur trois ans pour le Nigeria AI Scaling Hub (NAISH), hébergé par la Lagos Business School et soutenu par le Federal Ministry of Communications, Innovation and Digital Economy. Lors de Moonshot by TechCabal 2026, le 29 octobre, le hub a présenté cinq organisations : mDoc (santé numérique et coaching conversationnel pour maladies chroniques), Extension Africa (conseil agronomique hyperlocal pour petits producteurs), Data Science Nigeria (plateforme vocale VoiceAgent), Awarri (modèles pour l’igbo, le yoruba, le haoussa et le pidgin nigérian) et le Masakhane African Languages Hub (recherche en traitement du langage naturel sur les langues africaines).
Selon TechCabal, NAISH vise à faire passer des prototypes à un déploiement national, en reliant les innovateurs à des crédits de calcul, des pipelines de données et des cadres de politique publique, autour de la santé, de l’agriculture, de l’éducation et des services financiers.
Souveraineté locale et critères de succès encore à définir
À Dakar, plusieurs intervenants ont insisté sur la maîtrise locale. Le commissaire Aly Kandé, de la Division cyber du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique, a mis en garde contre la dépendance à une IA importée sans maîtrise de ses outils. Le professeur Seydina Moussa Ndiaye, de l’Université numérique Cheikh Hamidou Kane, a appelé au dialogue entre concepteurs de modèles et utilisateurs finaux. D’autres ont plaidé pour des données fiables et des consortiums de cocréation.
Pour techafrika, le fait du jour est le lancement officiel du Senegal AI Scaling Hub le 29 octobre 2026, avec trois piliers (IA, identité numérique, Delivery Unit) et sans montant rendu public. Le parallèle nigérian, chiffré jusqu’à 7,5 millions de dollars sur trois ans et illustré le même jour par cinq structures à Moonshot, donne l’échelle de référence — pas le budget de Dakar.




