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Kenya : le ministère des TIC veut supprimer le paiement échelonné des fréquences


Rédigé le Mercredi 4 Novembre 2026 | 0 commentaire(s)


Un projet d’amendement du Kenya Information and Communications Act prévoit d’obliger les opérateurs à payer intégralement les redevances de spectre avant d’obtenir leur licence. Le dispositif d’échelonnement sur dix ans, en place depuis 2019 pour les montants supérieurs à un milliard de shillings, serait abrogé.


Fin des échéances sur dix ans au-delà d’un milliard de shillings

Timothy A. Gonsalves / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0
Timothy A. Gonsalves / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0

Selon Business Daily et TelecomLead, le ministère de l’Information, des Communications et de l’Économie numérique propose de modifier l’article 25A de la loi kenyane sur l’information et les communications (KICA). L’amendement supprimerait les alinéas (3), (4) et (5) qui autorisent le paiement échelonné des redevances de licence de spectre dépassant un milliard de shillings, sur une durée allant jusqu’à dix ans.

« The effect of the amendment is that every applicant shall pay the prescribed licence fees in full before the grant of a licence », indique le Kenya Information and Communication Amendment Bill 2026, cité par Business Daily. Safaricom, Airtel Kenya et Telkom Kenya seraient concernés, comme d’autres acteurs utilisant des fréquences radio (cloud, réseaux d’entreprise). Les commentaires publics sur le texte sont ouverts jusqu’au 17 novembre 2026.


Un régime introduit en 2019 pour alléger la trésorerie

L’option d’échelonnement a été créée par le Statute Law (Miscellaneous Amendments) Act 2018 et est devenue effective en 2019. Elle permettait à la Communications Authority of Kenya (CA) d’approuver des échéances égales sur dix ans au plus, lorsque les redevances dépassaient un milliard de shillings, sous réserve que le demandeur soit citoyen kenyan ou une entité détenue à au moins 51 % par des Kenyans.

Le bénéficiaire devait aussi s’engager à construire au moins 500 stations de base (BTS) en trois ans. En cas de perte du seuil d’actionnariat local ou de transfert à une entité étrangère, le solde devenait immédiatement exigible. Business Daily rappelle que Telkom Kenya et Jamii Telecoms comptent parmi les opérateurs majoritairement kenyans, tandis que Safaricom est contrôlé par Vodacom (55 %) et Airtel Kenya par Airtel Africa.


Suite de l’achat 5G d’Airtel à 65 millions de dollars

Le débat intervient juste après l’acquisition par Airtel Kenya de 100 MHz dans la bande 3,5 GHz pour 65 millions de dollars (environ 8,4 milliards de shillings) sur 25 ans, après accord de la CA — opération déjà couverte par techafrika (article n°2531). Agence Ecofin souligne que cet investissement vise à densifier le haut débit face à Safaricom, sur un marché où les abonnements 5G sont passés de 1,2 à 2,1 millions entre juin 2025 et juin 2026.

Business Daily note que Safaricom a dépensé 16,3 milliards de shillings en licences au Kenya sur l’exercice clos en mars 2026, contre 14,6 milliards un an plus tôt. Un porte-parole de la CA a refusé de dire quels opérateurs ont déjà bénéficié de l’échelonnement. Le paiement intégralement anticipé augmenterait le besoin de cash initial, surtout pour les plus petits acteurs et les nouveaux entrants.


Le Parlement doit encore trancher

Le texte n’est qu’une proposition ministérielle : il doit être voté par le Parlement avant de changer les règles. Tant que le processus n’est pas achevé, le cadre d’échelonnement de 2019 reste la référence pour les candidats éligibles. L’effet final dépendra aussi de l’application aux seules nouvelles attributions ou à des obligations déjà engagées.

Pour techafrika, la réforme viserait à encaisser plus vite les redevances de spectre, au moment où Airtel vient d’aligner 65 millions de dollars pour la 5G et où Safaricom, Airtel et Telkom restent les premiers concernés par toute hausse du cash initial.