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Kenya : la plateforme crypto Luno rachète GTXN pour se lancer dans les paiements transfrontaliers B2B


Rédigé le Vendredi 9 Octobre 2026 | 0 commentaire(s)


L’exchange crypto sud-africain Luno a racheté la société kényane GTXN, spécialisée dans les paiements transfrontaliers, pour un montant non divulgué. L’opération lui apporte une infrastructure de collecte et de paiement sous licence au Kenya et s’inscrit dans le recentrage de Luno vers les entreprises et les institutions, après une réduction de 20 % de ses effectifs mondiaux en août.


Des rails de paiement sous licence

TapticInfo / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0
TapticInfo / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0
Luno a annoncé le rachat le 22 septembre depuis Londres et Johannesburg, et l’opération a été relayée début octobre par plusieurs médias africains, dont BusinessOI. Le montant n’a pas été communiqué.

GTXN fournit une infrastructure de collecte et de paiement sur les corridors qui relient marchés développés et marchés émergents. La société est décrite par Techpoint Africa et Dealroom comme un gestionnaire de fonds agréé au Kenya, ce que BusinessOI résume comme une infrastructure de collecte et de paiement détenant une licence au Kenya.

Pour les entreprises clientes, Luno promet un parcours unique : l’argent entre et sort par un seul prestataire, sur des rails détenus par le groupe, avec un règlement adossé à la liquidité de Luno. GTXN devient la branche paiements transfrontaliers du groupe.

« Transférer de l’argent entre marchés développés et émergents reste trop lent et trop coûteux, et nos clients le ressentent chaque jour », a déclaré James Lanigan, directeur général de Luno. « GTXN nous apporte les rails de paiement qui vont avec. Les clients disposent d’un seul prestataire pour l’ensemble du flux, ce qu’ils nous demandaient. »

Dan Kleinbaum, un vétéran du mobile money

GTXN reste dirigée par son fondateur, Dan Kleinbaum, nommé directeur général de l’entité. Il a cofondé Beyonic, une plateforme de mobile money présente sur sept marchés africains et rachetée en 2020 par MFS Africa, devenu Onafriq. Il a ensuite bâti une activité de change et de trésorerie transfrontalière pour des entreprises et des institutions d’Afrique de l’Est.

« J’ai consacré ma carrière à faire fonctionner les paiements sur des marchés que le reste du monde juge difficiles d’accès », a-t-il déclaré. Selon lui, « très peu d’entreprises disposent de la liquidité et de l’assise réglementaire nécessaires pour assurer le règlement transfrontalier à grande échelle dans ces régions ».

Un recentrage sur les clients institutionnels

Le rachat intervient après une restructuration profonde. En août 2026, Luno a réorganisé ses activités en trois pôles : le grand public et le crypto-as-a-service, les stablecoins et l’infrastructure de portefeuilles, et enfin les services institutionnels et de règlement. L’entreprise a annoncé dans la foulée la suppression de 20 % de ses effectifs dans le monde, en précisant que seuls environ 5 % des postes au Nigeria, au Kenya et en Ouganda étaient concernés, selon Techpoint Africa.

Le même mois, Luno a obtenu une licence d’actifs numériques aux Bermudes pour soutenir ses activités institutionnelles et B2B. En juillet, sa filiale nigériane avait intégré le programme d’incubation réglementaire accélérée de la SEC du Nigeria. GTXN vient compléter le pôle institutionnel et de règlement.

Une plateforme de plus de 15 millions de clients

Fondée en 2013, Luno revendique plus de 15 millions de clients sur plusieurs marchés émergents et appartient au groupe américain Digital Currency Group. Le groupe met en avant ses agréments réglementaires et sa liquidité sur ses marchés principaux, deux atouts qu’il entend désormais valoriser auprès des entreprises.

Dans son communiqué, Luno estime que les paiements entre économies développées et émergentes restent lents et coûteux : les circuits de correspondance bancaire y avancent lentement, les licences doivent être obtenues marché par marché et l’infrastructure locale est souvent limitée. Le rachat de GTXN doit lui permettre de proposer un règlement plus rapide et moins coûteux sur ces corridors.