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Nigéria : six mois pour financer des réseaux télécoms ruraux détenus par les communautés, 3 700 pylônes à déployer


Rédigé le Mardi 6 Octobre 2026 | 0 commentaire(s)


Le Fonds de service universel (USPF), l’Agence d’électrification rurale (REA) et les États fédérés seraient associés pour financer des réseaux télécoms gérés par des coopératives villageoises dans les zones sans couverture. Cette priorité a été retenue au forum d’investissement de la NCC, alors que le déploiement d’environ 3 700 pylônes doit démarrer en octobre.


Un financement à boucler en six mois

Kambai Akau / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0
Kambai Akau / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0
Le gouvernement fédéral nigérian s’est fixé un délai de six mois pour réunir le financement de pylônes et de réseaux télécoms ruraux détenus par les communautés, dans les zones peu ou pas connectées, selon BusinessDay. Le montage associerait trois acteurs publics : l’Universal Service Provision Fund (USPF), la Rural Electrification Agency (REA) et les gouvernements des États.

La mesure figure parmi les résolutions du Nigeria Digital Connectivity Investment Forum, organisé par la Nigerian Communications Commission (NCC) avec le fonds suédois Swedfund et la société Ookla, les 29 et 30 septembre 2026 à Abuja. Dans le communiqué final, signé par la direction des affaires publiques de la NCC, la sécurisation de ce financement est la seule action classée parmi les priorités à mener dans les six mois.

La répartition des rôles est précise. L’USPF financerait la partie télécoms : pylônes, stations de base, petites cellules, liaisons de collecte et cœur de réseau pour les communautés sans aucune connectivité. La REA prendrait en charge l’énergie, avec des mini-réseaux solaires, des batteries et des panneaux. Les États fourniraient le terrain, la sécurité et les droits de passage. La NCC et la REA ont déjà signé un protocole d’accord pour coordonner leurs projets et leur cartographie, rappelle BusinessDay.

Des coopératives propriétaires des sites

Le modèle rompt avec le schéma habituel, dans lequel un opérateur mobile ou une agence publique possède et exploite seul l’infrastructure rurale. Les communautés créeraient des coopératives chargées de posséder et d’entretenir les installations, d’en partager les revenus et de les maintenir en service. L’approche s’inspire du modèle des coopératives d’usagers de l’électricité rurale (Rural Electricity Users Cooperative) utilisé par la REA, selon BusinessDay.

Les participants ont aussi souligné un problème de maturité : des actifs d’une durée de vie de vingt à trente ans ne peuvent pas être financés par des prêts bancaires à cinq ans, note le communiqué. Le financement des infrastructures au Nigéria est passé de moins de 70 milliards de nairas en 2004 à 19 400 milliards de nairas en 2025, selon le même texte. Le forum demande en outre, d’ici six à dix-huit mois, que l’USPF obtienne un appui réglementaire comme principale source de financement des projets dans les zones mal desservies.

200 pylônes visés d’ici décembre

Ce dispositif accompagne le déploiement d’environ 3 700 pylônes dans les communautés mal desservies, qui doit commencer en octobre avec un premier objectif de 200 pylônes d’ici décembre 2026, selon BusinessDay et Leadership. Les sources consultées ne précisent pas combien de ces sites relèveront du modèle communautaire.

Le programme s’inscrit dans le Nigeria Universal Communication Access Project (NUCAP), qui vise plus de 20 millions de Nigérians, avait indiqué en août le ministre des Communications, Bosun Tijani, cité par BusinessDay. La China Industrial Bank s’est engagée à contribuer à au moins 1 000 sites d’ici fin 2026, selon la même source.

Le forum appelle aussi à accélérer le projet BRIDGE, une dorsale nationale de fibre optique de 90 000 km destinée à combler le déficit de réseau intermédiaire, le « middle mile », qui renchérit l’extension du haut débit. Selon BusinessDay, le gouvernement fédéral prévoit d’en lancer le déploiement en octobre, par phases entre 2026 et 2030.

La couverture ne suffit pas

Les chiffres de la NCC présentés au forum montrent que l’écart se situe désormais surtout dans l’usage. La couverture haut débit mobile atteint environ 90 % des Nigérians, mais seuls 27 % environ possèdent un smartphone et la pénétration du haut débit plafonne à 57,4 %, sous l’objectif gouvernemental de 70 %.

La demande progresse pourtant vite. La consommation de données est passée d’environ 1,13 million de téraoctets en juillet 2025 à environ 1,66 million en juillet 2026, soit près de 47 % de hausse en un an, a indiqué le directeur général de la NCC, Aminu Maida, à l’ouverture du forum, selon le communiqué du régulateur.

Le prix des terminaux, les compétences numériques et la confiance restent les principaux freins, estiment les participants. Réseaux ruraux partagés, satellite vers des téléphones non modifiés, micro-câblage, sites solaires ou fabrication locale de terminaux et de cartes SIM : ces solutions réduisent le coût de connexion des populations non desservies, mais « aucune ne supprime le besoin d’appareils abordables entre les mains des utilisateurs », souligne le communiqué.