Une annonce au sommet AVAS 2026
Lundi 2 novembre 2026, au Kempinski Hotel Gold Coast City d’Accra, le gouverneur de la Bank of Ghana (BoG), le Dr Johnson Pandit Asiama, a livré un message de bienvenue au Africa Virtual Assets Summit (AVAS) 2026, organisé avec la Securities and Exchange Commission (SEC). Dans son discours officiel, repris par Citi Newsroom, Graphic Online et Techlabari, il désigne les stablecoins comme « a priority » du cadre en construction.
« The Bank of Ghana is developing a Stablecoin Directive to set clear requirements for stablecoin activities in Ghana, while providing clarity for any permitted activities », indique le texte du gouverneur. Ni la date d’entrée en vigueur ni le contenu précis des obligations pour émetteurs et prestataires n’ont été communiqués.
Act 1154, SEC et Financial Intelligence Centre
La directive s’appuie sur le Virtual Asset Service Providers Act, 2025 (Act 1154), première loi ghanéenne dédiée aux actifs virtuels. La supervision est partagée entre la BoG et la SEC. Asiama précise que la banque centrale travaille aussi avec le Financial Intelligence Centre (FIC), l’organe anti-blanchiment, sur les instruments réglementaires et les dispositifs de contrôle. Le Virtual Assets Coordinating Committee doit coordonner les institutions publiques concernées.
Le gouverneur rappelle que « not all virtual asset activities present the same risks » et que l’approche doit coller à la nature, à l’échelle et à la complexité de chaque activité. L’objectif affiché n’est pas d’étouffer l’innovation, mais de créer la confiance nécessaire aux entreprises et investisseurs « responsables », tout en protégeant consommateurs et intégrité financière.
Souveraineté monétaire et confiance dans le cedi
Le passage le plus politique du discours porte sur la monnaie. Asiama reconnaît que les stablecoins peuvent aider paiements et règlement, mais prévient que leur adoption croissante, « particularly those denominated in foreign currencies », peut affecter la souveraineté monétaire, la substitution monétaire, les flux de capitaux et l’efficacité de la politique monétaire. « Innovation in digital finance must support, rather than undermine monetary and financial stability and confidence in the Ghana cedi », écrit-il.
Techlabari situe l’enjeu dans le contexte local : pour de nombreux utilisateurs au Ghana, un stablecoin indexé sur le dollar sert de couverture face à un cedi affaibli, et de canal de paiement ou de transfert moins cher que les circuits bancaires classiques. C’est précisément cette attractivité qui inquiète la banque centrale.
Un milliard de transactions mobile money en un mois
Asiama ancre le débat dans l’échelle déjà atteinte du numérique financier ghanéen : en août 2026 seul, les plateformes de mobile money ont traité plus d’un milliard de transactions, pour environ 519 milliards de cedis. Il voit dans les actifs virtuels et la tokenisation des leviers possibles pour les transferts de la diaspora, le commerce sous la Zlecaf et le financement des PME, à condition que la confiance et la stabilité restent le socle.
Pour techafrika, l’annonce fixe une priorité claire — réguler les stablecoins sous l’Act 1154, avec BoG, SEC et FIC — sans encore dire quand la directive sortira ni ce qu’elle imposera concrètement aux acteurs.




