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UEMOA : la BCEAO double le plafond des comptes mobile money, à 4 millions de FCFA


Rédigé le Mardi 13 Octobre 2026 | 0 commentaire(s)


La Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a adopté le 8 octobre l’instruction n° 020, qui révise les règles applicables aux émetteurs de monnaie électronique. Le solde maximal autorisé par client et par émetteur passe de 2 à 4 millions de FCFA, et le cumul mensuel des rechargements de 10 à 15 millions. Le texte entre en vigueur le 2 novembre 2026, le jour même où l’interopérabilité via PI-SPI devient obligatoire.


Des plafonds relevés pour les utilisateurs

Saliousoft / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0
Saliousoft / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0
L’instruction n° 020 du 8 octobre 2026 modifie les articles 31 et 34 de l’instruction n° 008-05-2015 du 21 mai 2015, qui encadre l’activité des émetteurs de monnaie électronique (EME) dans les huit pays de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA). Selon Droit Médias Finance, le solde maximum qu’un client identifié peut détenir auprès d’un même émetteur passe de 2 à 4 millions de FCFA, soit environ 6 900 dollars.

Le cumul des rechargements mensuels est porté de 10 à 15 millions de FCFA, soit environ 25 900 dollars. Agence Ecofin précise que ces limites ne correspondent pas au montant maximal d’un transfert individuel. Les distributeurs et les accepteurs de monnaie électronique agissant à titre professionnel ne sont pas concernés par ces plafonds.

Un dépassement reste possible, mais seulement avec l’autorisation préalable de la Banque centrale. La demande de dérogation doit préciser ses motifs, sa durée, les montants concernés et les mesures de contrôle renforcées que l’établissement s’engage à mettre en place.

Moins de fonds immobilisés en dépôts à vue

L’autre volet de la réforme porte sur le placement des fonds des clients, qui servent de contrepartie à la monnaie électronique émise. Ces actifs doivent être détenus en dépôts à vue, en dépôts à terme ou en certains titres de créance autorisés. La part minimale à conserver en dépôts à vue, auprès de banques ou d’institutions de microfinance, est abaissée de 75 % à 65 %.

Concrètement, pour 100 milliards de FCFA détenus par les utilisateurs, un émetteur pourra placer jusqu’à 35 milliards dans d’autres actifs autorisés, contre 25 milliards auparavant. Les fonds ne sont pas libérés pour financer les dépenses des opérateurs : la monnaie électronique en circulation doit toujours être intégralement couverte, et la BCEAO peut imposer des exigences plus strictes selon les risques.

Une marge théorique de 192 milliards de FCFA

Selon la Commission bancaire de l’UMOA, citée par Agence Ecofin, l’Union comptait 18 établissements de monnaie électronique agréés à fin 2025. Leur encours déclaré atteignait 1 923,2 milliards de FCFA, soit environ 3,27 milliards de dollars, en hausse de 35,2 % sur un an.

Sur cette base, les dix points libérés représentent une marge de placement supplémentaire théorique d’environ 192,3 milliards de FCFA. Ce calcul ne couvre que les établissements agréés, et non l’ensemble des services de monnaie électronique de l’Union, dont ceux proposés par les banques. Il ne s’agit ni de fonds nouveaux injectés dans l’économie ni de recettes pour les opérateurs, mais d’une capacité de réallocation. Pour les banques, l’effet est ambivalent : elles peuvent attirer davantage de dépôts à terme, plus stables, ou perdre une partie de ces ressources si les émetteurs préfèrent les titres de dette.

Un calendrier aligné sur PI-SPI

L’entrée en vigueur, le 2 novembre, coïncide avec l’obligation d’interopérabilité via PI-SPI, la plateforme de paiements instantanés de la BCEAO. À partir de cette date, les transferts nationaux interopérables de monnaie électronique seront gratuits jusqu’à 8 000 FCFA cumulés par jour, par utilisateur et par participant. Au-delà, les frais pourront atteindre 0,8 % hors taxes, et la réception restera gratuite.

Un an après son lancement, PI-SPI comptait 175 participants connectés et était accessible à plus de 38 millions de personnes, selon Agence Ecofin. Des plafonds plus élevés et une gestion plus souple des fonds pourraient favoriser des usages plus importants, notamment professionnels, sur des portefeuilles désormais reliés entre eux. Sources : Droit Médias Finance, Agence Ecofin.