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Ghana : la Banque centrale prépare une directive sur l’usage de l’intelligence artificielle dans la finance


Rédigé le Lundi 12 Octobre 2026 | 0 commentaire(s)


La Bank of Ghana (BoG) élabore une directive encadrant l’usage de l’intelligence artificielle dans le secteur financier. Son gouverneur, Johnson Pandit Asiama, l’a annoncé le jeudi 8 octobre à Accra, lors de la 43e assemblée générale de l’Association des banques du Ghana. Le texte doit soutenir l’innovation tout en encadrant les risques liés aux données, aux modèles, à la cybersécurité et à la protection des consommateurs.


Une directive dédiée à l’IA dans le secteur financier

Natsubee / Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0
Natsubee / Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0
Johnson Pandit Asiama s’exprimait à l’auditorium d’Ecobank, à Accra, devant les dirigeants des banques membres de la Ghana Association of Banks (GAB), lors de son assemblée générale annuelle. Le texte de son discours, publié par la Bank of Ghana, consacre un chapitre entier à l’intelligence artificielle.

« L’intelligence artificielle façonnera de plus en plus l’avenir des services financiers », a déclaré le gouverneur. Selon lui, l’IA peut améliorer l’évaluation du crédit, la détection de la fraude, le service client, la gestion des risques et l’efficacité opérationnelle. « Dans le même temps, elle introduit de nouveaux risques liés à la qualité des données, au risque de modèle, à la cybersécurité et à la protection des consommateurs », a-t-il ajouté.

« La Bank of Ghana élabore donc une directive sur l’usage de l’intelligence artificielle dans le secteur financier. Notre approche cherchera à promouvoir l’expérimentation et l’innovation responsables, tout en garantissant une gouvernance appropriée tout au long du cycle de vie de l’IA », a-t-il précisé.

Aucun calendrier annoncé

Le gouverneur n’a donné ni date de publication ni date d’entrée en vigueur. Le contenu exact du texte, les établissements concernés et les obligations qui seront imposées aux banques, fintechs et institutions de microfinance restent à préciser. La directive devrait toutefois couvrir l’ensemble du cycle de vie des systèmes d’IA, de leur conception à leur exploitation.

La cybersécurité sous surveillance renforcée

Le gouverneur a aussi évoqué la mise en œuvre de la directive révisée sur la cybersécurité et la sécurité de l’information (Cyber and Information Security Directive). La Bank of Ghana dit travailler avec la GAB et le secteur pour faciliter son application et prévoit des revues thématiques pour en contrôler la mise en œuvre.

« Nous attendons des conseils d’administration et des directions générales qu’ils traitent la cybersécurité et la résilience opérationnelle comme des risques métier essentiels, et non comme de simples questions technologiques », a insisté Johnson Pandit Asiama. Il a cité la fraude numérique, la protection des données, la dépendance aux prestataires tiers et l’informatique en nuage parmi les sujets qui retiennent de plus en plus l’attention du superviseur.

Un chantier réglementaire plus large

L’annonce s’inscrit dans un vaste programme réglementaire. Le gouverneur a rappelé que les banques doivent ramener leur ratio de prêts non performants sous le plafond prudentiel de 10 % d’ici fin décembre 2026. La Banque centrale prépare également une directive sur la gestion du risque de crédit et une autre sur le ratio de liquidité à court terme (LCR).

Avec ce texte, le Ghana rejoint les régulateurs africains qui cherchent à encadrer l’IA dans la finance, alors que les banques et fintechs l’intègrent de plus en plus dans le scoring de crédit et la lutte contre la fraude. Sources : discours du gouverneur publié par la Bank of Ghana, Ghana News Agency (via MyJoyOnline), ModernGhana.