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Afrique : selon la GSMA, les opérateurs mobiles disposent de moins de fréquences et les paient 24 % plus cher qu’ailleurs


Rédigé le Lundi 26 Octobre 2026 | 0 commentaire(s)


Dans son rapport « Spectrum Policy in Africa » publié en octobre 2026, la GSMA, l’association mondiale des opérateurs mobiles, estime que les opérateurs africains détiennent moins de fréquences que leurs homologues du reste du monde, tout en les payant plus cher au regard de leurs revenus. Plus de 200 licences arrivent à échéance d’ici 2035.


570 MHz contre 750 MHz

JMK / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0
JMK / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0
Fin 2025, un opérateur africain disposait en moyenne d’environ 570 MHz de fréquences mobiles (IMT) sous 7 GHz, contre environ 750 MHz dans le reste du monde. Les autres pays ont donc attribué en moyenne plus de 30 % de spectre en plus aux opérateurs, selon la GSMA. L’écart concerne à la fois les bandes basses, utiles pour la couverture, et les bandes moyennes, nécessaires à la capacité et à la qualité de service. Le retard est net sur la 5G : seuls 24 pays africains sur 54 ont attribué des fréquences dans la bande 3,5 GHz, la plus utilisée au monde pour cette technologie, et cinq seulement y ont attribué au moins 300 MHz.

Un coût par MHz 24 % plus élevé

Rapporté au chiffre d’affaires et à la quantité de fréquences détenues, le spectre coûte 24 % plus cher en Afrique : 0,82 % des revenus pour 100 MHz, contre 0,66 % dans le reste du monde. Les obligations attachées aux licences, de couverture ou de qualité de service, alourdissent encore la facture : dans quatre marchés étudiés, leur coût est de 3 à 45 fois supérieur à celui des fréquences elles-mêmes. Ces charges pèsent sur un secteur fragilisé. Selon le rapport, le revenu moyen par abonné (ARPU) a reculé de près de 50 % en termes réels en dix ans. Fin 2025, seuls 28 % des Africains utilisaient l’internet mobile sur leur propre appareil, contre 66 % dans le reste du monde, alors que la 4G couvre désormais 83 % de la population, contre 7 % en 2015.

Plus de 200 licences à renouveler d’ici 2035

D’ici 2035, plus de 200 licences mobiles africaines, d’une valeur de plus de 10 milliards de dollars, arriveront à renouvellement, selon les données disponibles. Pour la GSMA, ces échéances sont l’occasion de revoir les prix : un renouvellement aligné sur la baisse du revenu par MHz réduirait le poids du spectre dans les revenus des opérateurs de près de 30 %, et un renouvellement automatique de plus de moitié. Le cadre reste peu prévisible : seuls 9 pays sur 54 ont publié une feuille de route du spectre, et 9 seulement accordent des durées de licence d’au moins 20 ans pour toutes leurs licences actives.

Les réformes réclamées par les opérateurs

La GSMA demande des prix de réserve modérés lors des enchères, la compensation des obligations de couverture par une baisse du prix, une présomption de renouvellement des licences, des licences longues et neutres technologiquement, ainsi que des feuilles de route de long terme. Si ces réformes étaient appliquées, l’association projette d’ici 2035 50 millions de personnes supplémentaires couvertes en 4G, 170 millions en 5G, et un gain cumulé de plus de 120 milliards de dollars de PIB entre 2026 et 2035. Ces projections émanent d’une organisation qui représente les opérateurs, partie prenante dans les négociations avec les États, pour qui les licences constituent aussi une recette budgétaire.