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Afrique : 906 millions de personnes couvertes par l’internet mobile ne l’utilisent pas


Rédigé le Mardi 13 Octobre 2026 | 0 commentaire(s)


Selon une feuille de route de GSMA Intelligence pour le Partnership for Digital Access in Africa (PDAA), environ 906 millions d’Africains, soit près de 60 % de la population, vivent dans une zone couverte par le haut débit mobile sans utiliser l’internet mobile. Seuls 122 millions n’ont aucune couverture. Le principal obstacle n’est donc plus le réseau, mais le prix des téléphones, les compétences et l’intérêt perçu des services.


Le déficit d’usage dépasse largement celui de couverture

IanCamp / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0
IanCamp / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0
Le rapport, intitulé « Advancing Digital Connectivity in Africa: Charting Africa’s Path to 1 Billion Connected People by 2030 », a été présenté le 21 septembre à New York par la GSMA et le PDAA, et analysé le 12 octobre par TechCabal. Il distingue deux écarts. Le déficit de couverture, soit les 122 millions de personnes (8 % de la population) qui vivent hors de portée d’un réseau mobile ou fixe, a fortement reculé : il était de 41 % en 2015.

Le déficit d’usage, lui, reste proche de 60 %. Il concerne les 906 millions de personnes qui disposent d’un signal 3G, 4G ou 5G mais ne se connectent pas. Le rapport compte 517 millions d’utilisateurs de l’internet mobile en 2025. TechCabal retient un total d’environ 550 millions d’internautes, soit 36 % de la population africaine, contre 16 % en 2015 et 74 % au niveau mondial.

Un smartphone à 18 dollars reste trop cher

Le prix des terminaux est l’un des premiers freins. Un smartphone d’entrée de gamme coûte environ 18 dollars, soit 7 % du revenu mensuel par habitant. Parmi les personnes qui connaissent l’internet mobile sans l’utiliser, 45 % des hommes et 44 % des femmes citent le coût du téléphone.

La confiance pèse aussi. Au Ghana, les incidents de fraude électronique signalés par les prestataires de services de paiement ont augmenté de 54 % en 2025, à 24 124 cas. L’étude porte sur onze marchés : RD Congo, Égypte, Éthiopie, Ghana, Kenya, Niger, Nigeria, Rwanda, Sénégal, Afrique du Sud et Ouganda.

Ghana, Égypte et Niger, trois situations différentes

Au Ghana, la 4G couvre 99 % de la population, mais l’écart d’usage atteint 57 %. Chez les personnes interrogées, l’usage hebdomadaire des réseaux sociaux atteint 86 % chez les hommes et 82 % chez les femmes. Seuls 25 % des hommes et 21 % des femmes utilisent chaque semaine la banque en ligne ou le mobile money.

En Égypte, 93 % des utilisateurs de l’internet mobile se connectent tous les jours, mais surtout pour communiquer et se divertir. Seuls 15 à 16 % utilisent chaque semaine la banque en ligne ou le mobile money, 15 % les services publics et 13 à 14 % des activités génératrices de revenus. Le pays comptait 46,3 millions de portefeuilles mobiles actifs au deuxième trimestre 2025, utilisés surtout pour les transferts et les recharges.

Au Niger, plus de 71 % de la population se trouve dans le déficit d’usage. Le rapport cite l’alphabétisation, les capacités des appareils et le manque de contenus pertinents : les applications sont souvent très textuelles et conçues en français, alors que le haoussa et le zarma sont les langues les plus parlées.

L’objectif du milliard d’internautes s’éloigne

Au rythme actuel, l’Afrique devrait compter environ 700 millions d’internautes en 2030, soit quelque 300 millions de moins que l’objectif d’un milliard fixé par le PDAA. Le rapport juge cette cible encore atteignable : réduire de moitié les déficits de couverture et d’usage permettrait de connecter environ 514 millions de personnes supplémentaires. Diviser par deux le seul déficit d’usage dans les onze marchés étudiés ajouterait 245 millions d’utilisateurs.

Le rapport fixe trois priorités : migrer les abonnés des téléphones 2G et 3G vers des smartphones 4G et 5G, améliorer l’accès aux services numériques et réduire le coût de desserte des zones rurales grâce au partage d’infrastructures. Sources : GSMA Intelligence, PDAA, TechCabal.