techafrika : actualité technologique africaine
actualité technologique africaine

Nigeria : Standard Bank pourrait investir jusqu’à 200 millions de dollars dans OPay avant son entrée en Bourse à New York


Rédigé le Lundi 12 Octobre 2026 | 0 commentaire(s)


OPay a déposé le 9 octobre auprès de la SEC, le régulateur boursier américain, le prospectus de son introduction au New York Stock Exchange sous le code OPAY. Le document révèle qu’une filiale de Standard Bank s’est engagée à souscrire jusqu’à 200 millions de dollars d’actions dans un placement privé mené en parallèle, avec un plafond de 4,99 % du capital. La fintech affiche 467,1 millions de dollars de revenus et 90,9 millions de bénéfice net au premier semestre 2026.


Un placement privé adossé à l’introduction en Bourse

Flowcomm / Wikimedia Commons, CC BY 2.0
Flowcomm / Wikimedia Commons, CC BY 2.0
D’après le formulaire F-1 déposé le 9 octobre auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC), Stanbic Africa Holdings, filiale du groupe sud-africain Standard Bank, a accepté d’acheter des actions ordinaires d’OPay dans le cadre d’un placement privé concomitant à l’introduction en Bourse. L’opération, distincte de l’offre publique, est conditionnée à la réalisation de celle-ci et à l’obtention des autorisations réglementaires.

Le montant sera le plus faible de trois plafonds : 200 millions de dollars, l’équivalent en dollars de 0,98 % des fonds propres réglementaires éligibles de Standard Bank Group, ou le prix de 4,99 % du capital d’OPay après l’opération, calculé au prix d’introduction. Le montant définitif ne sera donc connu qu’à la fixation du prix. Bloomberg l’estimait le 9 octobre à environ 185 millions de dollars, un chiffre qui ne figure pas dans le prospectus.

L’accord donne à Stanbic Africa Holdings le droit de proposer un administrateur tant qu’elle détient au moins 2,5 % du capital. OPay désigne Lungisa Fuzile, directeur général de Standard Bank pour la région Afrique, comme administrateur non exécutif, appelé à siéger dès la clôture du placement privé. Selon TechNext, les titres acquis par Stanbic seront soumis à des restrictions de cession pendant douze mois.

Cotation sur le NYSE sous le code OPAY

OPay a demandé l’admission de ses American Depositary Shares (ADS) au New York Stock Exchange sous le symbole OPAY. Le prospectus préliminaire ne précise encore ni le nombre de titres proposés, ni la fourchette de prix, ni la date de cotation. Citigroup, Deutsche Bank, Standard Bank et China International Capital Corporation (CICC) dirigent l’opération, rapportent BusinessDay et bne IntelliNews.

Selon bne IntelliNews, le conseil d’administration et les actionnaires d’OPay ont également approuvé le principe d’une cotation secondaire à la Bourse de Lagos (Nigerian Exchange, NGX) après l’introduction à New York, sans calendrier à ce stade.

Des revenus multipliés par 2,4 en un an

Les comptes publiés dans le prospectus montrent une forte croissance. Au premier semestre 2026, OPay a réalisé 467,1 millions de dollars de revenus, contre 197,5 millions un an plus tôt, portés par le crédit et les services transactionnels. Le bénéfice net est passé de 21,7 millions à 90,9 millions de dollars sur la même période.

Le volume total des transactions (GTV) traitées sur la plateforme a atteint 339,1 milliards de dollars au premier semestre, contre 139,3 milliards un an plus tôt. La fintech revendiquait 50,1 millions d’utilisateurs actifs mensuels et 26,8 millions d’utilisateurs actifs quotidiens au 31 juillet 2026, contre 16,6 millions d’utilisateurs mensuels au premier trimestre 2024.

Une dépendance forte au marché nigérian

Le Nigeria a généré 417,6 millions de dollars, soit 89,5 % des revenus du semestre, loin devant l’Indonésie (8,9 %) et l’Égypte (1,1 %). Cette concentration, en hausse par rapport aux 76 % de 2024, expose OPay aux évolutions réglementaires et monétaires du pays, notamment au taux de change du naira.

Pour Standard Bank, premier groupe bancaire africain par les actifs et présent au Nigeria via Stanbic IBTC, l’opération renforce son exposition à la finance numérique, l’un des segments les plus dynamiques du continent. Sources : formulaire F-1 d’OPay (SEC), BusinessDay, TechNext, bne IntelliNews.