Une attaque toutes les huit minutes
Intitulé « Africa’s Digital Defense Race : Mapping Africa’s cyber threat environment and defense priorities », le rapport de Mastercard recense 69 236 attaques informatiques sur le continent en 2025. Leur hausse de 421,4 % depuis 2016 dépasse nettement la moyenne mondiale de 307 %. La part de l’Afrique dans les cyberattaques enregistrées dans le monde est ainsi passée d’environ 3,4 % à 4,4 %.
Selon des estimations agrégées d’Interpol citées par le rapport, la cybercriminalité a causé au moins 5 milliards de dollars de préjudices économiques directs sur le continent au cours de l’année écoulée.
Selon des estimations agrégées d’Interpol citées par le rapport, la cybercriminalité a causé au moins 5 milliards de dollars de préjudices économiques directs sur le continent au cours de l’année écoulée.
Quatre pays concentrent plus de la moitié des attaques
Le Nigeria, l’Afrique du Sud, le Maroc et le Kenya ont concentré 54,7 % des cyberattaques répertoriées en Afrique en 2025. Leurs atouts pour les investisseurs, comme des systèmes de paiement en plein essor et des services publics numériques en expansion, attirent aussi les cybercriminels.
Les cibles ont changé. Longtemps dominées par les escroqueries visant les consommateurs et l’hameçonnage, les attaques visent de plus en plus les banques, les opérateurs télécoms, les systèmes gouvernementaux et les infrastructures critiques. La technologie, le secteur public et les services financiers ont concentré 44 % des attaques en 2025. Plus de 60 % des incidents sont attribués à des pirates malveillants et à des groupes criminels organisés, 13,9 % à des acteurs à motivation politique et 9,7 % à des acteurs soutenus par des États.
Les cibles ont changé. Longtemps dominées par les escroqueries visant les consommateurs et l’hameçonnage, les attaques visent de plus en plus les banques, les opérateurs télécoms, les systèmes gouvernementaux et les infrastructures critiques. La technologie, le secteur public et les services financiers ont concentré 44 % des attaques en 2025. Plus de 60 % des incidents sont attribués à des pirates malveillants et à des groupes criminels organisés, 13,9 % à des acteurs à motivation politique et 9,7 % à des acteurs soutenus par des États.
Les fintechs consacrent jusqu’à 12 % de leurs dépenses à la cybersécurité
La croissance des menaces suit celle des usages. Entre 2016 et 2025, le nombre d’utilisateurs de paiements mobiles a été multiplié par 5,9 et celui des utilisateurs de la banque en ligne par 4,7. Le marché du commerce électronique a été multiplié par 4,2 sur la même période.
Pour les entreprises, la facture s’alourdit. Les fintechs africaines consacrent désormais entre 8 % et 12 % de leurs dépenses d’exploitation à la cybersécurité, contre 3 % à 5 % en 2020.
Pour les entreprises, la facture s’alourdit. Les fintechs africaines consacrent désormais entre 8 % et 12 % de leurs dépenses d’exploitation à la cybersécurité, contre 3 % à 5 % en 2020.
200 000 postes vacants et des budgets encore faibles
L’adoption du numérique progresse plus vite que les capacités de défense. Les marchés les plus matures consacrent environ 0,25 % de leur PIB à la cybersécurité. L’Afrique du Sud, meilleure élève du continent, y consacre environ 0,19 %, contre 0,03 % en moyenne pour les autres pays d’Afrique subsaharienne. Le continent compte par ailleurs environ 200 000 postes vacants dans le domaine.
La coopération peut porter ses fruits : l’opération Serengeti 2.0, menée par Interpol entre juin et août 2025, a abouti à 1 209 arrestations dans 18 pays africains et à la récupération de 97,4 millions de dollars. Sources : Mastercard, Agence Ecofin.
La coopération peut porter ses fruits : l’opération Serengeti 2.0, menée par Interpol entre juin et août 2025, a abouti à 1 209 arrestations dans 18 pays africains et à la récupération de 97,4 millions de dollars. Sources : Mastercard, Agence Ecofin.




